1 octobre 2009

Test d'Office Web Application

Microsoft a bien voulu me donner un accès en avant première à Office Web Application, que j'attendais avec impatience depuis mon passage à la PDC2008. Il s'agit, pour mémoire, de l'équivalent Microsoft de Google Docs : une solution bureautique qui s'exécute dans un navigateur.

Je teste l'outil depuis hier.

Le positionnement d'Office Web Application

D'après les annonces de Microsoft, Office Web Apps sera gratuit pour le grand public, et vendu avec le Pack Office pour les entreprises. Ma compréhension de l'offre entreprise est la suivante : Microsoft considère qu'une bureautique en ligne n'offre pas assez de productivité pour un usage intensif, elles est donc proposée comme solution d'appoint lorsqu'on travaille depuis son domicile ou depuis un Webcafé. Office Web Apps pourra aussi être déployé dans les murs de l'entreprise, en complément d'un portail de GED SharePoint.

Le positionnement est donc très différent de celui de Google.

Premiers tests

Je teste une "technical preview" qui est bien entendu incomplète : la version finale doit sortir courant 2010.

Les interfaces sont très agréables : identiques à celles d'Office 2007, plus colorées et moins minimalistes que celles de Google Docs. Elles sont familières et devraient avoir la préférence des utilisateurs habitués à Office.

L'autre avantage de taille est de pouvoir travailler directement dans les formats OpenXML d'Office. Ainsi, il n'y a pas de problématique de conversion, et donc pas de bug d'affichage. De plus, il est très simple de passer d'Office à Office Web App dans les 2 sens.

Au jour d'aujourd'hui Excel Web App et PowerPoint Web App permettent d'éditer des documents, tandis que Word Web App ne le permet pas. Si l'on compare précisément les périmètres fonctionnels, il est clair que Google Docs est plus avancé : Excel Web App ne propose pas de faire des graphes, des tableaux croisés dynamiques, de la coloration conditionnelle, des scripts, etc. PowerPoint Web App permet d'éditer les textes, mais pas les figures.

J'ai relevé une différence notable sut la prise en main : Office Web Apps ouvre par défaut une page de description des documents, puis les documents en lecture seule ; un troisième clic  est nécessaire pour accéder à l'édition. Il est possible que cette ergonomie soit dictée par des préoccupations de performance perçue par l'utilisateur. En effet, passer par plusieurs pages successives permet de charger les modules en tâche de fond et d'éviter une impression d'attente pour l'utilisateur. Cette approche a sa pertinence, car l'attente est aujourd'hui très mal perçue sur le Web.

J'aurais voulu tester la coédition simultanée à plusieurs, mais je n'ai pu le faire avec un seul compte de test. Elle semble possible dans Excel Web App : un bouton "Data" offre des options de rafraichissement du document. J'ai hâte de tester cette fonction, car elle constitue pour moi un "usage magique" dans Google Docs.

Conclusion provisoire

Si Office Web Apps est moins avancé que Google Docs, je pense que nous allons voir arriver rapidement de nouvelles fonctionnalités. De son côté, Google a annoncé d'importantes nouveautés pour début 2010. Une course va s'engager entre les deux acteurs pour offrir la plus belle offre fin 2010, pour le plus grand intérêt des utilisateurs que nous sommes.

Je me demande cependant jusqu'où ira Microsoft : si Office Web Apps a pour vocation d'être une solution d'appoint, elle ne devrait pas reprendre toute la richesse d'Office. Par contre, Google a intérêt à proposer le plus de fonctionnalités possibles pour inciter les utilisateurs à sortir d'Office.

30 septembre 2009

eBooks : où allons nous?

J'ai eu l'occasion de faire une veille active sur les eBooks ces derniers temps, et je vous propose une petite synthèse de ma perception de ce marché.

Un basculement inexorable du marché de l'édition ?

J'ai déjà parlé dans ce billet de la mutation des marchés de la musique et de la vidéo à la suite des pratiques de téléchargement illégal. Le monde de la presse est lui aussi en souffrance avec le basculement progressif des lecteurs et annonceurs vers la presse en ligne. Nous avons ainsi assiste à la disparition progressive de la presse papier informatique (Le Monde Informatique, Décision Informatique, CIO, etc.) ; et les bloggeurs commencent à constituer une forme de concurrence pour les journalistes et les auteurs.

Dès lors, le métier de l'édition semble être le prochain candidat à un changement de paradigme. Je pense que seront visés dans un premier temps : l’édition « jetable » au format poche (romans de gare), les livres scolaires, techniques ou spécialisés, la presse quotidienne et spécialisée. Puis pourrait venir le tour de la presse magazine et de la littérature.

Les "bouquineurs"

Francis Pisani a introduit le terme bouquineur sur son blog pour désigner les lecteurs de contenus eBook. Ces lecteurs sont des interfaces d'un nouveau genre avec un écran permettant un grand confort de lecture et une grande autonomie. Ils reposent presque tous sur la technologie d’ « encre électronique » E-ink, issue du MIT Media Lab.
Parmi leurs avantages sur les livres papier, on peut citer : les gains en poids/espace, la navigation hypertextuelle, la recherche plein-texte, le marque page intégré, l'ajustement  de la mise en page (taille des caractères), le caractère non permanent des annotations, la restitution simple des ouvrages en cas de perte, le moindre prix au livre, la possibilité d'intégrer vidéo & son, la vocalisation du livre.

Leurs principaux inconvénients sont : la perte du rapport au papier et du feuilletage, des annotations souvent limitées, un besoin de recharge, une certaine fragilité, les problèmes de pérennité des formats et des DRM, l'absence de notion de livre d’occasion.

Leur marché est en pleine explosion en cet automne 2009 :

  • Sony propose 3 modèles : le Reader Pocket Edition, le Reader Touch Edition (tactile), le Reader Daily Edition (connecté en 3G)
  • Amazon propose 2 modèles, malheureusement indisponibles en Europe : le Kindle (format poche) et le Kindle DX (format quotidien). La plateforme Amazon est très innovante car les Kindles ont été les premiers appareils directement connectés à une librairie en ligne en 3G.
  • iRex propose l'iLiad, vendu avec la version numérique des Echos
  • De nombreux autres modèles sont annoncés pour la fin de l'année : iRiver Story, Endless Technologie BeBook, Asus Eee-Book, Plastic Logic e-Reader, etc.

L'iPhone constitue un outsider de taille : avec 3 millions de lecteurs d'eBook, c'est la plateforme qui connaît la plus forte adoption.

Les formats d'eBooks

Il existe de nombreux formats disponibles :

  • des formats dits "classiques" : PDF, RTF, TXT, DOC, etc.
  • des formats propriétaires dédiés aux eBooks : Amazon AZW & MobiPocket, Sony BBeB, etc.

Le format le plus prometteur pour devenir un standard est ePub, un dérivé de XML, publié par le l’International Digital Publishing Forum (IDPF). Il est supporté par Google, Adobe, Sony, et d'autres...

Les forces en présence

Une des premières initiatives de numérisation de livres a été le projet Gutenberg, une entreprise menée à partir des années 70 par un philanthrope nommé Michael Hart. Ce projet porte uniquement sur des ouvrages libres de droits. Il en propose 30 000 en téléchargement.

Amazon a de son côté numérisé plus de 350 000 livres pour les besoins de son Kindle Store. Il est d'ailleurs possible de feuilleter ces livres en ligne depuis la librairie "papier" avec la fonction "search inside this book".

Google même des travaux de numérisation titanesques en partenariat avec les bibliothèques universitaires, avec pour objectif de scannériser 50 millions de livres. La démarche de Google est un peu "au forceps" car la numérisation est effectuée avant de négocier avec les éditeurs. D'où une certaine exaspération de ce secteur...

Enfin, l'open content alliance est un regroupement d'acteurs qui souhaitent réagir à l'hégémonie de Google. Cette initiative a été lancée par Internet Archive et quelques universités. Elle a été rejointe par Yahoo, Amazon et Microsoft, dont les intentions sont un peu moins claires.

Les éditeurs et distributeurs "traditionnels" sont en phase d'observation car le marché du eBook est encore limité. Dunod, la Fnac ou Barnes & Nobles ont lancé des initiatives intéressantes... L'enjeu pour eux est de ne pas tomber dans le syndrome de Kodak qui est complètement passé à côté de la photo numérique.

Ma perception

Il est clair pour moi que l'avènement des eBooks est une formidable opportunité pour l'auto-édition et pour une prise de parole renforcée des amateurs et autres bloggeurs.

Notons au passage que le risque de piratage des eBooks est grand car un livre pèse beaucoup moins lourd qu'un film ou un morceau de musique. Cependant, la lecture n'est pas un "divertissement" au même titre que la musique ou le cinéma. Peut-être cet aspect sera-t'il un frein au piratage de masse.

Il serait souhaitable pour nous, les utilisateurs, qu'ePub devienne un vrai standard et que l'on puisse accéder depuis n'importe quel bouquineur à n'importe quelle librairie d'eBooks, de préférence via une connexion 3G.

Enfin l'initiative de Google fait débat. Pour ma part je trouve positif que Google publie gratuitement 1 million d'ouvrages libres de droits au format ePub. S'il passe un peu au forceps, le géant de Moutain View fait tout de même bien avancer les choses.

Enfin, d'après ce que j'ai compris, Google numérise gratuitement pour le compte des bibliothèques en leur remettant une copie des ouvrages numérisés. Google ne sera donc pas le seul dépositaire de la connaissance collective : des duplicata existeront. En échange, le géant de Moutain View demande une exclusivité sur la recherche plein-texte dans les livres pendant 25 ans.

Cela me semble être un accord juste.

Qu'en pensez vous?

14 septembre 2009

2010, une grande année pour Microsoft

J'ai eu la chance d'assister à la conférence de presse de rentrée de Microsoft la semaine dernière.
L'année à venir va être riche en sortie de nouveaux produits. Je vous propose une petite synthèse de ce que j'en ai retenu :

L'efficacité individuelle

Le géant de Redmond utilise le terme d'"Efficacité individuelle" pour qualifier les outils de type poste de travail. Figurent dans cette catégorie :

  • Windows 7 : selon les observateurs, le nouveau système de Microsoft semble une bonne synthèse entre la vélocité de XP et l'ergonomie de Vista. Et Microsoft le présente comme le premier système moins gourmand que son prédécesseur. Il est probable que les entreprises vont l'adopter massivement. Malgré tout, Microsoft a choisi une communication plutôt humble, certainement pour faire oublier le lancement en fanfare de Vista.
  • Office 10 : Cette version d'Office intègrera Office Web Applications, que j'attends avec impatience. Malheureusement, l'accès en béta-test semble repoussé sine die.
  • de nombreux autres outils de collaboration unifiée (voir ce billet), parmi lesquels Visio, Project, Exchange, et Sharepoint vont sortir en version 2010.

Le cloud privé

Microsoft entend par Cloud Privé sa gamme d'outils serveurs destinés à une installation dans les murs de l'entreprise.
Cette terminologie choque un peu le puriste que je suis : pour moi, cloud signifie avant tout informatique déployée sur Internet (voir ce billet). Néanmoins, de plus en plus d'acteurs utilisent ce terme.
Le cœur du cloud privé de Microsoft est Windows Server 2008 R2, avec ses nouvelles fonctionnalités de virtualisation.
A terme, le géant de Redmond proposera l'ensemble de sa gamme d'outils serveurs en version logicielle et en version hébergée dans son cloud public.

Le cloud public

Le cloud public de Microsoft est bien sûr Azure, dont j'ai déjà largement parlé dans ce billet et celui ci.

Vers plus d'ouverture...

Microsoft met de plus en plus l'accent sur l'ouverture depuis quelques temps. Parmi les initiatives les plus intéressantes, on peut citer :

  • un partenariat renforcé avec la recherche et les universités : INRIA, SciencesPo, Polytechnique/CNRS
  • la montée en puissance de l'initiative InterOp, sur laquelle travaille mon ancien collègue Jean Christophe Cimetiere. Un InterOp Lab doit même ouvrir à Paris.
  • Le lancement d'une fondation Open Source : la CodePlex Foundation. Cette fondation a pour ambition de reproduire le succès d'Eclipse dans le monde .NET. De même qu'IBM a lancé puis donné son indépendance à Eclipse, Microsoft souhaite donner progressivement son indépendance à sa fondation.

Les grincheux diront qu'il s'agit du nouvelle fourberie du grand Satan. Mais je pense, pour ma part, que Microsoft est vraiment en train de changer sous l'impulsion de Ray Ozzie. Le mouvement open source, que Ballmer avait systématiquement diabolisé, est enfin pris en compte à sa juste valeur...

Il me semble que les nouveaux "satans" sont en fait les acteurs les plus en vogue en ce moment : Google avec sa scannéristion massive de livres, Apple avec son AppStore verrouillé. Finalement, Microsoft pourrait bien se recréer une image positive auprès des informaticiens.

Qu'en pensez-vous?

8 septembre 2009

Apple mérite t'il un procès anti trust ?

La blogosphère a beaucoup commenté, pendant l'été, le caractère fermé et propriétaire de l'iPhone d'Apple : en particulier, le refus de certaines applications, comme Google Voice, sur l'AppStore a fait couler beaucoup d'encre.

Il est vrai que Microsoft a été poursuivi pour l'intégration de Windows avec Internet Explorer ou Windows Media, tandis qu'on n'a jamais reproché à Apple le caractère propriétaire des Macs.
Si l'on compare les approches de ces adversaires de toujours, il apparait que :

  • Microsoft propose avec Windows un système d'exploitation fermé avec quelques applications liées, mais offre une grande ouverture côté matériel et logiciel. Des centaines d'appareils utilisent Windows et son parc applicatif est gigantesque. Microsoft joue donc la carte de l'ouverture avec un immense écosystème de partenaires. Cette ouverture se fait parfois au détriment de la performance si l'on considère les exemples de Vista et Windows Mobile 6.
  • Avec le Mac, Apple maitrise le matériel, le système d'exploitation MacOS, et un certain nombre d'applications packagées (Safari, Mail, iLife, etc.). Le parc applicatif développé par des tiers est moins vaste que celui de Windows.
  • Avec l'iPhone, les choses vont encore un peu plus loin car Apple maitrise matériel, système et une dizaine d'applications natives (Safari, Mail, équivalents iLife) ; de plus il est interdit de concurrencer les applications natives et Apple décide de la diffusion ou non d'une application. La raison invoquée pour le contrôle des applications est le souhait de garantir une expérience utilisateur toujours fluide en éliminant les applications peu stables ou peu performantes.

Dés lors, pourquoi faire des procès anti-trust à Microsoft et non à Apple?
Je propose plusieurs explications :

  • Il est clair que les attaques contre Microsoft viennent du caractère dominant de Windows. Apple reste un acteur de niche qui s'adresse aux esthètes (dont je fais partie). Cependant, les choses sont en train de changer avec l'iPhone qui vient de dépasser Nokia en terme de parts de marchés en France.
  • Apple ne revendique pas l'ouverture comme Microsoft avec son initiative InterOp. Son approche consiste à dire que la maitrise de bout en bout garantie à l'utilisateur une expérience cohérente, fluide, simple. Sur ce plan, la réussite est totale.
  • Il est très simple et sans risque de supprimer Safari ou iLife des Macs (en les glissant dans la poubelle). Apple pourrait aisément cesser de les préinstaller si un procès surgissait. Par contre Internet Explorer est complètement mélangé à Windows.

A ce stade, il me parait intéressant de comprendre pourquoi Internet Explorer est si intégré à Windows. En 1997, à l'apogée de la gloire de Netscape, la société de Marc Andreessen voulait créer un navigateur qui recouvrerait complètement Windows, à la manière des firepc que j'évoquais dans ce billet : Projection sur le FirePC. La réaction de Microsoft a été d'intégrer le Web dans le bureau Windows avec Active Desktop. C'est cette initiative qui est à mon sens à l'origine de l'intégration forte Internet Explorer/Windows. Active Desktop a été un échec pour des raisons ergonomiques, mais il a créé une adhérence que Microsoft ne peut plus casser et qui lui a valu de nombreux procès antitrust. Depuis, l'intégration du bureau avec le Web a été repensée avec plus de succès avec les Widgets (cf. ce billet).

En conclusion, je dirais qu'il existe finalement trois modèles de systèmes d'exploitation :

  • le modèle propriétaire revendiqué des Mac/iPhone, qui propose des outils assez innovants, mais qui exaspère les partisans de l'ouverture
  • le modèle complètement ouvert de Linux/Android et de l'écosystème Open Source, plutôt suiveur sur le plan de l'ergonomie
  • le modèle semi-ouvert de Windows/Windows Mobile qui a connu son heure de gloire mais est un peu chahuté depuis quelques temps.

Qu'en pensez vous?

27 août 2009

Les perspectives de la réalité augmentée

J'avais parlé dans ces billets (Quelques tendances IT pour 2009, La géolocalisation dans les navigateurs) des formidables opportunités de la géolocalisation dans les applications IT. Cette fonctionnalité est déjà largement exploitée dans les applications mobiles sur iPhone ou Android.
La réalité augmentée est probablement la prochaine étape vers des applications encore plus contextualisées et vers l'ubimedia.
Pour mémoire, on peut définir la réalité augmentée comme la superposition d'informations à l'environnement réel. L'exemple de plus classique d'une telle interface est la "vision tête haute" dans les cockpits d'avion de chasse : les pilotes voient en effet des informations de vol s'afficher en surimpression sur le paysage.

Typologies de réalité augmentée

Il me semble qu'on peut distinguer deux types de réalité augmentée :

  • la superposition d'information sur un fond d'images issues d'une base de données : c'est le cas de SkyMap et Street View sous Android.
  • la superposition d'information sur l'environnement réel, capté par la caméra de l'appareil mobile : c'est le cas de Layar et Wikitude sous Android.

Contraintes techniques

Pour proposer des fonctions de réalité augmentée, l'appareil mobile doit connaitre le contexte précis de l'utilisateur : où il se trouve, et dans quelle direction il regarde. L'appareil doit donc disposer d'un capteur GPS et d'une boussole numérique.
C'est le cas de tous les appareils sous Android, c'est pourquoi ce système propose de nombreuses applications de réalité augmentée.
Le dernier iPhone (le 3GS) est équipé d'une boussole numérique : on devrait donc voir apparaitre rapidement des applications similaires sur l'AppStore d'Apple. Des rumeurs disent même qu'Apple devrait sortir à l'automne une mise à jour de l'iPhone dédiée à la réalité augmentée.

Perspectives

Pour reprendre le parallèle avec la géolocalisation, je vous propose de parler de couches, ou layers en Anglais.
Les systèmes comme Google Maps ou Mappy permettent de présenter des informations (points de vente, embouteillages, etc.) sur fonds de carte. On utilise en général le format KML pour superposer ces données aux cartes.
De la même manière, les outils de réalité augmentée permettent de superposer une ou plusieurs couches : noms des monuments, noms des stations de métro, amis présents aux environs, etc.
C'est en fait l'objet de l'application Layar : le nom Layar vient de layers et AR (Augmented Reality). L'objectif de ses concepteurs est de proposer un système pour superposer des couches de réalité augmentée. Layar est donc une sorte de navigateur d'un nouveau type. Il pourrait constituer le navigateur 3D que j'avais évoqué dans ce billet : Liens entre le Web & les mondes 3D.
Ce nouveau type de navigateur fait émerger la question de l'interopérabilité : aurons nous un format universel et standard pour les couches de réalité augmentée? Une sorte de KML de la réalité augmentée? Ou bien Apple ne risque t'il pas de proposer un format propriétaire à l'automne? L'avenir nous le dira...

On peut dors et déjà imaginer que de nombreuses applications mobiles contextualisées offriront plusieurs modes d'affichage :

  • un mode textuel
  • un mode géolocalisé sur fond de carte
  • un mode réalité augmentée

Il se pourrait que ces 3 modes deviennent un standard.

Qu'en pensez vous?

17 août 2009

Plateformes de Cloud Computing (4) : l'approche Microsoft

Ce billet constitue la quatrième et dernière partie de mon panorama estival des plateformes de Cloud Computing.

Microsoft a tiré les enseignements des plates-formes lancées avant la sienne : l’éditeur de Redmond propose ainsi un modèle à la croisée des chemins entre runtime .NET (à la Google Apps Engine) et machine virtuelle (à la Amazon Web Services).
L’offre Windows Azure se décompose en plusieurs couches :

  • Le service d’exécution de la plate-forme est basé sur le runtime .NET : la CLR (Common Language Runtime). Conformément à l'approche initiale de .NET, des langages non Microsoft comme PHP ou Ruby pourront être utilisés.
  • Windows Azure Storage et SQL Azure sont les services de persistance, accédés selon le style REST.
  • .NET Service Bus propose le service d’intégration.
  • L'authentification est assurée par la base de comptes Windows Live ID, ou par fédération d'identité au travers de Geneva.


La philosophie d’Azure avec le développement .NET est de permettre aux développeurs de retrouver des langages/environnements connus. Cependant, cette cohérence peut être trompeuse car les applications doivent être aménagées : l'architecture est contrainte comme avec la PaaS GAE.
L’objectif de Microsoft est aussi d’offrir le maximum de souplesse aux entreprises. Ainsi, Azure pourra à terme exécuter du code natif (C++), et il sera possible de déployer ses propres machines virtuelles, selon la pratique proposée par Amazon. Microsoft veut ainsi satisfaire tous les acteurs de l’entreprise :

  • Les maîtrises d’ouvrage qui souhaitent un développement agile pourront utiliser .NET. La plate-forme sera alors abstraite et exploitée par Microsoft, comme chez Google.
  • Les profils techniques qui souhaitent maîtriser leur architecture logicielle de bout en bout pourront construire eux-mêmes leur machine virtuelle et la gérer, comme chez Amazon.

On retrouve ici une approche générale chez l’éditeur de Redmond : proposer aux entreprises un maximum d’options ou de scénarios possibles, plutôt que d’avoir une approche tranchée, un parti pris fort, comme chez Amazon, Salesforce ou Google.

12 août 2009

Plateformes de Cloud Computing (3) : l'approche Google

Ce billet constitue la troisième partie de mon panorama estival des plateformes de Cloud Computing.

L’offre Google App Engine se décompose selon les couches :

  • Le service d’exécution de la plate-forme est basé sur un runtime Java ou Python. Les entreprises préfèreront le développement Java, plus proche de leurs standards. Ce développement est assez contraint afin de préserver la performance de la plateforme. De fait, GAE ne supporte qu'une partie de la norme JEE.
  • DataStore est le service de persistance. C’est une base de données, accédée par un langage de requêtage de haut niveau : GQL, Google Query Langage.
  • En termes d’intégration, la PaaS offre Secure Data Connect (SDC). SDC prend la forme d'un tunnel SSL entre GAE et le Système d'Information. SDC permet d'exposer les bases de données d'entreprise sous forme de services. Ce n'est pas un bus d’intégration à proprement parler.
  • pour l'authentification, Google propose l'intégration avec les comptes Google Apps, ou la fédération d'identité au travers de sa SSO API.


La philosophie de Google App Engine consiste à proposer une plate-forme offrant une grande puissance de traitement et une grande capacité de stockage : il s’agit de mettre les gigantesques capacités des datacenters Google à la disposition des entreprises. Ces dernières pourront donc lui confier leurs applications à très forte charge ou celles qui nécessitent beaucoup d’espace de stockage.
La contrepartie de cette promesse de puissance est une architecture Java assez contrainte. Néanmoins, Google propose un langage de programmation complet et non un environnement RAD comme force.com : les entreprises utilisatrices ont donc une plus grande marge de manœuvre qu’avec Apex.
Enfin, une des grandes forces d’App Engine est son intégration avec Google Apps : Google propose ainsi un environnement unique et cohérent pour son offre SaaS et les applications développées par les entreprises sur sa plate-forme PaaS.

7 août 2009

Plateformes de Cloud Computing (2) : l'approche SalesForce

Ce billet constitue la seconde partie de mon panorama estival des plateformes de Cloud Computing.

L’offre PaaS de SalesForce s'intitule force.com. Elle se décompose en plusieurs couches :

  • Le service d’exécution de la plate-forme est basé sur Apex, un langage de haut niveau qui permet de créer rapidement des applications d’informatique de gestion : il n’est pas adapté à la création d’autres types d’applications. Ce langage est comparable à un RAD comme PowerBuilder ou Oracle Forms. Cependant, il n'est pas obligatoire de coder en Apex : il est souvent suffisant de customiser une application existante par simple paramétrage.
  • Force.com Database est le service de persistance. C’est une base de données, accédée par un langage de requêtage de haut niveau : SOQL, Salesforce Object Query Langage.
  • Force.com Connect est le service d’intégration. Il propose des connecteurs natifs pour Lotus, SAP et Oracle Business ; il supporte l’intégration web services, REST, JEE et .NET.
  • force.com propose l'authentification via sa propre base de comptes ou bien la fédération d'identité au travers du service SXIP.


La philosophie de force.com est d’offrir une plate-forme de développement rapide pour des applications de gestion. L’accent est donc mis sur la simplicité du développement et non sur la compréhension de l’architecture sous-jacente, ce qui est cohérent avec l’idée que l’architecture logicielle de la PaaS est du ressort de l’opérateur, non de l’entreprise utilisatrice. Salesforce a fait des efforts importants pour permettre une intégration facile avec l’existant de l’entreprise (délégation d’authentification à l’annuaire d’entreprise, connecteurs SAP, API Java et .NET, etc.).
Cette intégration ne nécessite pas un effort de développement important.
Cette approche est radicalement différente de celle d’Amazon, beaucoup plus axée sur une architecture totalement maîtrisée par les équipes techniques. Force.com plaira aux maîtrises d’ouvrages par sa proposition d’agilité et de délégation des tâches techniques. Tandis qu’AWS plaira aux équipes techniques qui souhaitent comprendre et maîtriser la plate-forme.

3 août 2009

Plateformes de Cloud Computing (1) : l'approche Amazon

Grâce à la magie de la publication programmée, je vous propose une série de billets présentant les 4 principales plateformes de Cloud Computing (Amazon Web Services, force.com, Google App Engine, Azure) pendant mes congés estivaux. L'idée est de présenter les différences d'approche, de "philosophie" entre ces plateformes. Ces textes sont extrait de mon ouvrage "Cloud Computing & SaaS", édité chez Dunod.

L’offre Amazon Web Services se décompose en plusieurs couches :

  • EC2, Elastic Cloud Computing, est le service d’exécution de la plate-forme. Il est basé sur la virtualisation par hyperviseur.
  • SimpleDB et S3, Simple Storage Service, sont les services de persistance. SimpleDB est un service de base de données, tandis que S3 permet le stockage de fichiers. Ces services sont accédés selon le style REST.
  • SQS, Simple Queue Service est le service d’intégration. Il permet l’échange de messages entre AWS et d’autres infrastructures.
  • AWS ne propose pas de service d'authentification


La philosophie d’AWS consiste à donner aux équipes informatiques une maîtrise complète de leur architecture logicielle. L’offre est destinée à des profils très techniques, qui souhaitent gérer leur application à bas niveau. Les utilisateurs d’AWS peuvent gérer eux-mêmes leurs sauvegardes, ce qui va à l’encontre de l’idée selon laquelle l’opérateur PaaS s’occupe de l’exploitation.
La seule abstraction proposée par AWS concerne la partie matérielle : lorsqu’on utilise la plate-forme, on n’a pas connaissance des machines ou disques utilisés ; en revanche, on connaît toutes les couches de son architecture logicielle. Cette approche est différente de celle de Salesforce, Google, Microsoft, où une partie de la plate-forme logicielle est abstraite.
Le gros avantage de l’approche AWS est que l’équipe d’exploitation a la possibilité d’utiliser les mêmes technologies de virtualisation sur la plate-forme d’entreprise et sur la plate-forme Amazon. Ainsi, il est possible de basculer les machines virtuelles d’une plate-forme vers l’autre, si nécessaire. Cette approche est particulièrement pertinente dans le cas suivant : lorsqu’un site web connaît une forte charge seulement un mois par an, on peut l’exploiter pendant onze mois sur la plate-forme d’entreprise, et le basculer pendant le mois de forte charge sur la plate-forme AWS, afin de profiter de sa puissance.
Cette approche donne une grande souplesse aux équipes techniques. De plus, elle leur donne la satisfaction de comprendre et maîtriser la plate-forme PaaS, ce qui, répétons-le encore, va à l’encontre de l’idée de déporter complètement l’exploitation vers un tiers.

20 juillet 2009

Présentation de Google Wave sur tv4it.net

A la suite de ma participation à Google I/O en Mai à San Francisco, j'ai eu l'occasion de présenter Google Wave sur TV4IT.net, il y a quelques semaines.

Cette interview a été l'occasion de revenir sur le positionnement très innovant et ambitieux de cette nouvelle offre de collaboration.

La vidéo est en ligne depuis vendredi...


16 juillet 2009

Innovations ou bataille d'annonces?

Il semble que Google et Microsoft rivalisent sur les effets d'annonce en ce mois de juillet. On peut se demander si les frères ennemis présentent de vraies innovations ou essayent juste d'occuper le terrain....

Chrome OS

Dans ce billet intitulé "Projection sur le FirePC", J'avais évoqué mon souhait de voir apparaitre des appareils ayant le navigateur Firefox pour seule interface. Tristant Nitot m'avait répondu "qu'il en pensait du bien"... J'ai eu l'occasion d'en reparler avec lui il y a 15 jours.
Cette perspective est en train de se concrétiser avec Intel Moblin et Jolicloud, deux systèmes basés sur Linux et Firefox. Nous sommes en train de les tester chez SQLI...
Google se raccroche à ce train et vient d'annoncer son Chrome OS, un système qui devrait proposer le navigateur Chrome comme seule interface. On sait peu de chose sur ce produit qui doit sortir courant 2010.
Les informations disponibles ne permettent pas de dire s'il sera vraiment innovant. Et je suis étonné que Google l'annonce sans rien montrer de concret. Le géant de Mountain View nous avait habitué à un autre mode de fonctionnement : des nouveautés opérationnelles plutôt que des effets d'annonce. On serait tenté de croire ici que Google veut occuper le terrain en prévision de la sortie de Windows 7.

Office Web Applications

De son côté, Microsoft communique sur Office Web Applications. Là aussi, pas de scoop majeur : cette suite bureautique avait été annoncée en octobre 2008 (voir ce billet), et nous n'avons pas appris grand chose de plus cette semaine. Par ailleurs, il me semble que le géant de Redmond n'a rien présenté de testable de manière concrète.
Là encore, on peut se demander si Microsoft ne serait pas en train d'occuper le terrain pour limiter les migrations vers Google Apps.

En conclusion

Je terminerai en disant qu'il n'y a peut être pas beaucoup d'actualité intéressante en ce mois de juillet, ce qui expliquerait la couverture médiatique excessive de ces annonces.
Et en attendant de plus amples informations, il me parait peu probable que Google fasse trembler Microsoft sur le terrain des systèmes d'exploitations, ni que Microsoft fasse trembler Google sur le terrain de la bureautique en ligne.

A suivre....

7 juillet 2009

Vers une nouvelle architecture?

L'objet de ce billet est d'évoquer certaines évolutions récentes des architectures informatiques qui me paraissent assez structurantes. Ces évolutions sont issues d’acteurs innovants qui ne pratiquent pas la course à la puissance et envisagent des plateformes techniques en rupture. Elles devraient intéresser les entreprises qui réfléchissent sur l’évolution de leur Système d’Information.
(Attention : ce billet est assez technique)

Nouvelles architectures serveurs

Comme je l'ai évoqué dans mon dernier livre, les acteurs du cloud computing gèrent des datacenters de grande envergure avec des approches assez spécifiques :

  • Une panne machine est considérée comme un évènement normal et quotidien et il est géré de manière automatique
  • Les données sont répliquées en continu sur plusieurs continents.

De fait, leur approche architecturale est atypique et ils respectent un principe appelé le théorème de CAP. CAP signifie Consistency, Availability and Partition-Tolerant, c’est à dire consistance, disponibilité et tolérance aux pannes.
Le théorème dit la chose suivante : « dans une architecture distribuée de grand envergure, il n’est possible d’assurer que deux des trois propriétés CAP ». Les datacenters du cloud computing peuvent donc assurer la haute disponibilité et la tolérance aux pannes, mais pas la consistance des données. Résumé en 2 mots, cela signifie que ces architectures ne sont pas transactionnelles, et qu’elles remettent en cause les vieux principes du « Two-phase commit. »

Par ailleurs, pour des raisons de performance, leurs bases de données sont souvent éclatées sur plusieurs serveurs, et structurées de manière non relationnelle. Elles remettent dont en cause les principes de normalisation de Merise.
Enfin, toujours pour des raisons de performance, elles mettent l’accent sur l’exécution en mode asynchrone, au travers de queues de messages simplifiées.

Nouvelles architectures de postes de travail

Côté utilisateur, le cas de l’iPhone me paraît très intéressant car c’est le premier système moderne à interdire le multitâche. Cette approche est très en rupture avec les évolutions classiques de l’informatique. Elle privilégie la fluidité de l’expérience utilisateur sur la sophistication technique que l'on peut trouver dans les dernières versions de Windows.
Dans le même ordre d’idée, je pense aux netbooks exécutant des systèmes simplifiés basés sur Linux comme Moblin ou JoliCloud (cf. ce billet de Fred Cavazza). Ces systèmes me paraissent très pertinent pour des besoins de simple navigation sur le Web.
Enfin, les navigateurs de dernière génération comme Firefox ou Chrome ont réécrit leurs moteurs JavaScript pour offrir une expérience utilisateur très fluide dans un environnement technologique assez frustre : les pages Web.

En conclusion ?

Je terminerai en disant que nous sommes face à un changement de paradigme.
Ces nouvelles architectures remettent en cause des principes souvent considérés comme gravé dans le marbre par les architectes IT.
Cette nouvelle approche privilégie le pragmatisme et la fluidité de l'expérience utilisateur sur le "plaisir intellectuel d'une belle architecture".

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22 juin 2009

Quelles évolutions pour l'iPhone ?

Apple a su, comme toujours, créer une forte attente autour de la nouvelle mouture de son iPhone, mais il est clair que l'iPhone 3G S n'apporte pas d'innovation fracassante.

Un millésime moyen pour 2009

Sur le plan logiciel, Apple a fait les mises à jour nécessaires pour corriger les défauts de jeunesse de son appareil et satisfaire ses utilisateurs : gestion du copier/coller, recherche dans tous les types de données.
Quelques mises à jour ont été proposées pour une mise en conformité avec les fonctionnalités proposées par la concurrence (en particulier Windows mobile) : dictaphone, capture vidéo, commande vocale, modem pour PC, etc.
Apple a aussi cédé du terrain à ses détracteurs en implémentant une fonctionnalité peu utilisée : le MMS. Je trouve cela regrettable car j'appréciais le parti pris d'Apple sur la suppression des fonctions inutiles, comme la visiophonie (voir ce billet).
La plupart de ces nouveautés logicielles sont disponibles gratuitement pour les anciens iPhones : l'achat de l'iPhone 3G S est donc inutile pour en disposer.

Sur le plan matériel, l'iPhone 3G S propose un processeur plus rapide, un espace de stockage plus important, un appareil photo plus puissant : des améliorations classiques, rien de très innovant là dedans.
Et le nouvel appareil dispose d'une boussole numérique, qui lui permet d'orienter les cartes en fonction de la position de l'utilisateur. Cette fonction lui permet de se mettre à jour vis à vis des appareils sous Android.

Et après ?

Les prochaine générations d'appareils mobiles embarqueront probablement des fonctions de paiement sans contact (via NFC) et de détection des marqueurs RFID.

Pour ma part, j'attends une évolution des ces appareils vers une plus grande connaissance du contexte utilisateur. Je pense que les innovations matérielles à venir porteront sur des capteurs de plus en plus sophistiqués :

  • capteurs d'altitude pour une géolocalisation en 3 dimensions
  • accéléromètres capables de détecter un contexte de déplacement (voiture, train, etc. en fonction de la vitesse et des accélérations)
  • capteurs météorologiques : température & humidité
  • capteurs de paramètres vitaux : rythme cardiaque, tension artérielle

Ces nouveaux types de capteurs permettraient d'adapter le comportement de l'appareil au contexte. Par exemple, la commande vocale pourrait être activée dans une voiture et désactivée dans un train. Ils permettraient aussi de détecter les bouchons et ralentissements des transports en commun.
Les capteurs météorologiques permettraient des conseils vestimentaires, ils permettraient aussi de multiplier le nombre de points de collecte et de créer une "météo 2.0" basée sur une forme d'intelligence collective.
Enfin, les capteurs de paramètres vitaux permettraient de détecter les excès des sportifs ou les accidents des personnes âgées.

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11 juin 2009

La géolocalisation dans les navigateurs

HTML 5, la nouvelle mouture du célèbre langage à balises, va intégrer un certain nombre de nouveautés très intéressantes (voir ce billet). Parmi ces nouveautés, je suis particulièrement enthousiasmé par la balise <geolocation> qui permettra d'intégrer la géolocalisation dans les navigateurs de PC ou de téléphones.

Cette fonction permettra de développer facilement des applications Web contextuelles. Rappelons qu'il est aujourd'hui nécessaire de développer une application embarquée pour tirer parti de la géolocalisation. C'est une des raisons pour lesquelles le développement d'application iPhone connait un tel engouement : une simple application web ne permet pas de tirer partie du GPS. Un bon exemple de ce problème est l'application PagesJaunes (développée par SQLI...) : sa seule différence avec la version Web iphone.pagesjaunes.fr est la géolocalisation préalable à une recherche d'adresse.

Rappelons qu'il existe aujourd'hui 3 techniques de géolocalisation :

  • Triangulation GPS : l‘utilisateur se localise de lui même par satellite.
  • Triangulation 2G/3G : l’utilisateur est localisé par son opérateur via antennes de téléphonie mobile. L'opérateur lui envoie ensuite ses coordonnées.
  • Triangulation Wifi : l‘utilisateur se localise de lui même grâce à des Hot Spot Wifi. Ces HotSpots doivent être localisés au préalable : c'est un prérequis.

Les téléphones de nouvelle génération, comme les iPhones ou Android, savent utiliser ces 3 techniques. Les PC portables peuvent tirer partie de la localisation Wifi.

la gestion de la balise <geolocation> permettra à ces téléphones et PC portables d'accéder de nouveaux usages très intéressants. On peut citer par exemple :

  • des usages grand public : informations sur évènements de proximité, réseaux sociaux / trouver ses amis, surveillance des enfants, surveillance des personnes âgées, aide à la navigation pour les piétons, etc.
  • des usages professionnels : réseautage sur salons professionnels, publicité ciblée, suivi de colis / optimisation des tournées pour les transporteurs, information passagers dans les transports en commun, positionnement sur terrain d’action pour les militaires ou professions à risques, etc.

En attendant HTML5, il est déjà possible de tester la géolocalisation via navigateur au travers de technologies propriétaires : Yahoo FireEagle et Google Latitude. Ces technologies passent par l'installation d'un plugin sur le navigateur.
Je vous invite à les tester....

Sur ce sujet, voir mon interview dans 01net.

SQLI organise un brainstorming "ouvert au public" sur l'Enterprise 2.0

SQLI organise mercredi 24 juin un brainstorming ouvert et gratuit sur la thématique de l'Enterprise 2.0.

Ce brainstorming s'appuiera sur la pratique "OpenSpace" de notre démarche d'innovation. Cette pratique, décrite ici, consiste à animer des ateliers de réflexion parallèles de manière très agile et interactive.

Pour en savoir plus et vous inscrire à l'OpenSpace.

9 juin 2009

Comment peut on parler de Cloud privé ? sur lalettredesasp.com

J'ai publié cette semaine dernière une chronique sur le "Cloud Computing privé" sur lalettredesasp.com.

J'y aborde le paradoxe suivant : le Cloud Computing est basé sur des infrastructures distribuées qui reposent sur Internet ; pourtant les entreprise souhaitent "internaliser ces nuages".

La chronique : Comment peut-on parler de Private Cloud ?

Vos commentaires sont les bienvenus...

28 mai 2009

Google I/O 2009 - Google annonce sa nouvelle vague !

Google a présenté ce matin un nouveau concept collaboratif intitulé « Google Wave ».

Selon les termes de Lars RASMUSSEN, créateur de Google Maps, une « Wave » désigne un « objet de communication ». Cette communication peut être synchrone (cf. la messagerie instantanée) ou asynchrone (cf. l’email). Elle intègre des possibilités de coédition simultanée comparables à celles de Google Docs.

Wave sait, grâce à des API ouvertes, s’intégrer avec d’autres outils collaboratifs (blogs, Twitter, outil de suivi des bugs, etc.), et puiser des contacts dans des réseaux sociaux.

Au sein d’une même « Wave », il est possible de « chatter », de coéditer des documents et des formulaires, d’insérer des images, comme dans un Wiki (cf. Google Sites). La gestion de versioning est assurée par une fonction astucieuse intitulée « Playback » ; et les « Waves » peuvent être rangées par mots clefs comme dans Gmail. L’outil propose aussi un système de correction grammaticale contextuel, un système de traduction multilingue à la volée, un système de cartographie collaborative. L’ergonomie de Wave est proprement incroyable…

On peut donc qualifier Google Wave d’outil de communication unifié d’un nouveau genre. Il est en rupture avec Google Apps et propose des évolutions beaucoup plus ambitieuses que celles que j’évoquais dans ce billet. Wave est à mon avis très innovant, mais aussi très ambitieux : il propose une nouvelle façon de collaborer en sortant de la messagerie traditionnelle, et il est difficile de dire si tous les utilisateurs adhéreront. Je pense que, comme toujours, l’outil sera testé sur le grand public avant d’être proposé aux entreprises et intégré à Google Apps.

Google Wave sera hébergé sur les datacenters de Google, mais l’application sera aussi disponible sous licence Open Source. Ainsi d’autres entreprises pourront déployer leur propre « Wave Server ». Google va aussi publier le « Wave Protocol » sur http://www.waveprotocol.org. D’après ce que j’ai compris ce protocole est une extension de XMPP/Jabber (un protocole de messagerie instantanée très populaire).

La présentation à Google I/0 s’est terminée par une « standing ovation » des 4000 personnes présentes. Je dois dire que je n’étais pas le moins enthousiaste de l’assemblée…

27 mai 2009

Google I/O 2009 - la vision Google de l'IT

Pas d'annonce fracassante en ce premier jour de Google I/O 2009. Il semblerait que les grandes nouveautés soient dévoilées en deuxième journée. Donc rendez vous demain pour d’éventuelles surprises…

Eric SCHMIDT, PDG de Google, et Vic GUNDOTRA, « Vice President of Engineering », ont néanmoins présenté une belle vision de l‘IT en architecture Web 2.0. Cette vision peut intéresser les entreprises qui considèrent que les architectures issues du Web sont intéressantes en terme d’agilité et de performance.

Ces messieurs présentent, bien entendu, le Web comme la plateforme du futur. Pour eux, les applications Web sont en train de dépasser les applications client/serveur en terme de productivité et d’efficacité. Ils considèrent que le point de rupture a été franchi avec Google Maps, qui a démontré la possibilité d’une grande ergonomie au sein d’une page Web. Puis Gmail a démontré les capacités inexploitées de JavaScript, et le monde du Web s’est mis à Ajax.

Google croit énormément aux capacités de HTML et JavaScript et semble penser que des technologies RIA comme Flash ou Silverlight sont inutiles (voir ce billet, où j’évoquais les risques de cette approche). Google place de grands espoirs dans HTML 5. Cette nouvelle mouture permettra :

  • la gestion de la vidéo : dans ce domaine, il me semble que HTML 5 arrive un peu tard et que Flash s’est imposé comme standard de fait.
  • la gestion du mode déconnecté : je pense que cette gestion est une grande avancée. Elle devrait permettre de sortir de technologies propriétaires comme Gears.
  • la gestion de traitements en taches de fond : une belle avancée pour la stabilité des applications JavaScript complexes.
  • la gestion de la géolocalisation : une possibilité intéressante. J’y reviendrai dans un prochain billet.

Google propose une vision d’architecture technique basée sur :

  • Ajax/JavaScript pour la partie client, avec sa technologie GWT (Google Web Toolkit). GWT est agile car le JavaScript est généré sans que le développeur ait besoin de le comprendre.
  • Le Cloud computing pour la partie serveur avec sa plateforme GAE (Google App Engine). GAE permet de développer rapidement sans se préoccuper de la « plomberie » technique, prise en charge par Google.

Cette architecture est totalement cohérente car entièrement basée sur Java et sur l’environnement Open Source Eclipse. De plus, les traitements asynchrones vont devenir possibles sur les deux faces de cette plateforme.

On pourrait compléter cette vision par :

  • SDC (Secure Data connector) et les API de gestion d’identité (Provisioning/SSO API) pour la connexion entre le SI d’entreprise et la plateforme Google.
  • Android pour la partie système d’exploitation utilisateur, si l’on considère que les téléphones et netbooks sont les postes de travail du futur.

Je vous propose une synthèse sous forme de schéma :

Garchitecture.jpg

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22 mai 2009

Départ pour Google I/O

J'ai eu la chance d'être invité à Google I/O les 27/28 mai.
J'espère que cet évènement sera le lieu d'annonces intéressantes.

Quelques sujets m'intéressent tout particulièrement :

  • l'évolution de Google Apps Engine en Java
  • les nouvelles fonctionnalités de Google Apps
  • l'intégration entre Google Apps et le SI d'entreprise (cf. Secure Data Connector, Directory Sync, etc.)
  • l'évolution des Google Gadgets et des outils de portail pour les enterprises
Je serai à San Franciso du 23 au 28 mai.
J'essaierai de faire une synthèse des faits marquants dans ces pages...

17 mai 2009

Opérateurs télécom versus opérateurs SaaS (suite)

Le propos de ce billet est de revenir sur la compétition entre les opérateurs télécom et les opérateurs SaaS. J'ai déjà abordé ce sujet dans ce billet : Faut il continuer à utiliser les opérateurs télécom pour la téléphonie ? et sur le site de l'atelier : Les opérateurs télécom sont-ils de bons opérateurs de service ?

Les services (email, messagerie instantanée, webconférence, stockage de fichiers, etc.) offerts par les pure players SaaS sont, selon moi, souvent plus pertinents que ceux offerts par les opérateurs télécoms. Et on pourrait conclure que ces opérateurs devraient se contenter d'offrir de la connectivité, ce qui constitue leur cœur de métier.
Ils ont par ailleurs souvent été tentés par des services propriétaires destinés à enfermer leurs clients : portails WAP de type Vodafone Live, Orange TV, iMode, etc., par toujours pour le bénéfice de leurs clients.

Je me suis rendu ce lundi à un Mobile Monday qui m'a permis de creuser le sujet. Gemalto y présentait des cartes SIM de seconde génération, permettant d'embarquer des applications comme MSN Messenger. Ces "cartes SIM applicatives" entrent donc en concurrence directe avec les applications fournies par l'App Store d'Apple, l'Android Market de Google, ou le BlackBerry App World. Elles permettent aux opérateurs de maitriser complètement le catalogue applicatif mis à disposition de leurs clients, et ainsi de les enfermer dans leur offre.
Par ailleurs, les opérateurs télécoms sont en train de déployer les technologies IMS (IP Multimedia Subsystem) sur leurs cœurs de réseaux. Ces technologies leur permettront, d'offrir de nouveaux services : Voix sur IP, Push to talk, jeux multi-joueurs, vidéoconférences, messagerie instantanée, services communautaires, information de présence et partage de contenus (source : Wikipedia).

De son côté, Google, acteur emblématique du SaaS, est en train d'investir dans les réseaux satellitaires, et il propose Android, une plateforme mobile Open Source, qui permet une grande indépendance vis à vis des opérateurs télécom et des constructeurs de téléphones.

La bataille ne fait selon moi que commencer....

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